Plyce, du ludique au business

Vous connaissez Plyce ? L’application mobile de géolocalisation sociale sortie en avril 2010, permettant de partager les meilleures adresses, de gagner des points et des médailles et de retrouver ses amis. La start-up française crée par Martin Destagnol, était initialement conçu comme alternative à Foursquare ou Gowalla.

Conscient de la forte concurrence outre Atlantique et sûrement peu sûr de son business model, Plyce a décidé de se repositionner en changeant le service de façon radicale : exit la couche sociale où l’on retrouve ses amis ; fini aussi la dimension ludique où l’on gagne des badges virtuels récompensant notre fidélité. Plyce devient une application utilisant la technologie de géolocalisation et référençant les bons plans (réductions, promotions…) à proximité de l’utilisateur.

Fusion avec Promogaïa

Plyce s’est adjoint les services de Promogaïa, une application proposant des bons en plans en géolocalisé. Plyce a donc lancé sa nouvelle application la semaine dernière avec une offre assez pléthorique : 30 000 bons plans dans 30 000 points de vente différents.
La qualité et la quantité des offres devraient permettre à Plyce de faire décoller le nombre de téléchargements. Mieux, Plyce passe d’un business model peu évident à un système de rémunération négocié avec les enseignes. Plyce compte donc sur les offres de lancement (deals avec Gap et Hertz notamment) pour acquérir une base importante d’utilisateurs. Vraisemblablement, Plyce tire aujourd’hui ses revenus d’un pourcentage prélevé sur les bons plans débloqués par les utilisateurs. Plyce a donc tout intérêt à proposer des offres séduisantes qui transforment au maximum sur de l’achat.

Un système simple… et sécurisé

Mon tempérament un brin curieux, je n’ai pas attendu avant de tester. Étant dans un centre commercial, j’ai lancé l’app qui me proposait pas loin de 3 offres à moins de 100 mètres. L’offre H&M a particulièrement retenu mon attention : 10€ en carte cadeau pour 3 passages (en effectuant un check-in dans un point de vente H&M)

Lors de votre check-in, vous devez prendre une photo afin de bien prouver que vous vous trouvez effectivement dans un point de vente H&M. La validation a posteriori de votre localisation par les équipes de Plyce permet de repérer les éventuels fraudeurs.

Le système instauré par Plyce convient notamment aux enseignes disposant de nombreux points de vente. En l’espèce, l’offre fonctionne dans les 140 H&M présents sur le territoire français.

Verdict ?

Foursquare et maintenant Facebook Places via les Deals positionné sur le Social Shopping, les dirigeants de Plycce savaient que les perspectives de l’app en V1 seraient limitées. En délaissant le côté ludique et la couche sociale (la popssibilité de retrouver ses amis), Plyce se positionne sur un modèle éminemment connu (les bons plans) et y ajoute une couche technologique pour proposer un service attrayant pour les consommateurs. S’affranchissant également du module de commentaires et des freins des commerçants liés aux commentaires négatifs (gestionde l’e-reputation), Plyce lève le maximum de barrières à l’achat.

Du Social Game au Geo-location business service, Plyce semble avoir trouvé un business model..et un public captif :  « quand l’aspect ludique se meurt au profit de l’utilité » ou « que le geek ne représente pas une monnaie assez forte face au consommateur« . Souhaitons bonne chance à Plyce pour cette renaissance !

Shopkick, quand le mobile fait du commerce

Shopkick est le nom d’une start-up californienne qui a lancé hier son application mobile éponyme. L’idée se calque sur la philosophie de Foursquare : faire gagner des avantages à des clients en situation d’achat ou de consommation. Shopkick combine la géolocalisation via mobile avec le commerce.

Quel est le principe ?

Vous êtes dans un  point de vente partenaire de Shopkick : vous effectuez un « Kickbucks », un « check-in » dans le point de vente et obtenez immédiatement des points appelés également Kickbucks.

Sur certains produits présents en points de vente, vous pouvez également bénéficier de « Special Offer », c’est à  dire de remises spéciales. Le but étant de compiler vos Kickbucks afin de les transformer en cadeaux : téléchargements de musiques, dons à des ONG, abonnements à des magazines….. et même conversion en Facebook credits !

 

Potentialités d’utilisations pour les commerçants

Les commerçants vont pouvoir utiliser Shopkick afin de stimuler leurs produits en point de vente. Campagne de recrutement ou opération de fidélisation, Shopkick offre un service simple, ludique et doté de nombreux avantages.

Le parcours client :

N’oublions pas que Shopkick est une application mobile basée sur la géolocalisation et sur le  check-in. Les commerçants vont avoir la possibilité de suivre le parcours client en point de vente. Ces informations demeureront précieuses afin d’optimiser le merchandising mais aussi pour établir des typologies de clients afin de leur offrir des promotions sur mesure. Shopkick va devenir le support des marchands pour décrypter les habitudes de consommation de leurs clients.

La dimension expérentielle

De plus, Shopkick incite les clients à essayer les produits : chaque essai et scan d’un code-barres d’un vêtement par exemple permet de récolter des kickbuts.

 

Collecte de badges

Shopkick ne serait pas une apps en verve sans la dimension ludique de la course aux badges qui rythment les journées de la communauté geek!!! Effectuez des « kickbuts » et débloquez des badges…. Comme quoi, Foursquare en a inspiré plus d’un!

Mon opinion…

Shopkick allie les facteurs clés d’un service comme Foursquare et ajoute une couche commerciale via les kickbuts. Le système de scan via code-barres assure une facilité d’utilisation et de prise en main. L’équipe de Shopkick a su créer une application qui parait séduisante et pourra afiicher une certaine performance. Ils ont dû notamment lorgner du côté de Stickybits et insérer cette « couche commerciale » afin de proposer une application bipartite (utilisateurs et commerçants y trouvent leur intérêt).

Grégory Pouy parlait récemment de la relative nécessité de ne plus distinguer le on du offline, Shopkick s’insère dans cette tendance où le digital et le réel sont associés et vivent ubiquitairement. Si vous souhaitez découvrir d’autres exemples sur des applications mobiles digital/réel, je vous invite à lire le billet présentant l’app Stickybits.

Bon, pour l’instant, l’app n’est disponible que dans le store US. Aux US, seuls quelques points de vente sont dotés du système dont notamment BestBuy.

Pensez-vous que Shopkick ait réellement un business model et une chance d’atteindre une masse critique d’users pour s’installer durablement ? J’ai ma petite idée là-dessus….